Portugal : ce qui va changer pour les conducteurs avec le durcissement du Code de la route

police portugal

Pour les automobilistes, le message est désormais limpide : les règles vont se durcir et les contrôles devenir beaucoup moins prévisibles. Après un début d’année marqué par une forte hausse des accidents, le gouvernement portugais s’apprête à renforcer à la fois les sanctions et la surveillance sur l’ensemble du territoire. Ce virage marque une rupture nette avec les pratiques précédentes et pourrait modifier concrètement le quotidien des conducteurs.

Cette évolution intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Selon l’Autoridade Nacional de Segurança Rodoviária (ANSR), le premier trimestre 2026 a enregistré une hausse de 14 % des accidents, avec 139 morts (+42 %) et plus de 570 blessés graves. Une dégradation accentuée pendant la période de Pâques, décrite comme « terrible » par les autorités, et qui accélère désormais les décisions politiques.

Des contrôles moins prévisibles et beaucoup plus fréquents

Premier changement concret : les contrôles routiers ne seront plus annoncés à l’avance. Jusqu’ici, les opérations STOP ou les dispositifs de surveillance étaient régulièrement signalés via les médias ou les réseaux sociaux. Une pratique désormais abandonnée.

Pour les autorités, cette transparence limitait fortement l’effet dissuasif. L’objectif est donc clair : surprendre davantage les conducteurs et renforcer la pression sur les comportements à risque. « La surveillance doit être plus visible, plus efficace, inébranlable et intransigeante », a insisté le ministre de l’Administration interne.

Dans les faits, cela signifie plus de radars, plus de contrôles aléatoires et une présence accrue des forces de l’ordre. Les automobilistes devront s’attendre à des vérifications plus fréquentes, sans possibilité d’anticipation.

Des sanctions renforcées pour les infractions les plus dangereuses

Le durcissement ne se limite pas aux contrôles. Le gouvernement prépare une réforme plus large du Code de la route, avec un objectif assumé : frapper plus fort sur les comportements les plus accidentogènes.

L’excès de vitesse, la conduite sous l’emprise de l’alcool et les manœuvres dangereuses sont directement ciblés. Si les montants précis des amendes ne sont pas encore connus, les autorités évoquent un « aggravement significatif », laissant présager des sanctions plus dissuasives.

Autre évolution importante : les critères de retrait du permis devraient être élargis. Dans le même temps, les sanctions liées à l’alcool au volant seront renforcées, tandis que les possibilités de prescription des infractions pourraient être réduites, rendant les poursuites plus systématiques.

Un retour symbolique pour renforcer la présence sur le terrain

Dans cette stratégie de fermeté, le gouvernement mise aussi sur un signal fort avec la réactivation de la Brigade de Trânsito de la GNR, supprimée en 2007. Cette unité spécialisée doit permettre de renforcer la visibilité des contrôles et structurer davantage l’action sur le terrain.

Au-delà de son rôle opérationnel, ce retour traduit une volonté politique claire : replacer la sécurité routière au cœur des priorités, avec des moyens identifiés et une présence accrue sur les routes.

Une stratégie nationale relancée sous pression

Ces mesures s’inscrivent dans la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2030, qui prévoit un investissement de 224 millions d’euros. L’objectif reste ambitieux : réduire de moitié le nombre de morts et de blessés graves d’ici la fin de la décennie.

Mais derrière cette ambition, le gouvernement reconnaît un retard dans la mise en œuvre du dispositif. La dégradation récente de la situation agit donc comme un accélérateur politique, poussant à des décisions plus rapides et plus visibles.

Pour les conducteurs, le changement sera concret : moins de tolérance, plus de contrôles et des sanctions potentiellement plus lourdes. Reste désormais à mesurer si cette approche plus coercitive suffira à modifier durablement les comportements sur les routes portugaises.

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